Dans la matrice, dit-on, Patrick Alphonso DECORDE avait des réactions imprévisibles.
On mettait une timbale en aluminium sur le ventre de sa mère.
Le contact froid le faisait réagir, se débattant énergiquement, faisant
tomber l’objet. C’était une curiosité pour sa famille, de voir un tel phénomène,
un être encore enfoui dans l’univers fœtal, ayant le désir de s’exprimer.
Le robinet du temps continua à s’écouler. Il naquit le 02 août 1960. Cinq
ans plus tard, âge de découverte, Patrick Alphonso DECORDE se souvient pour la
première fois au plus profond de sa mémoire, de sa rencontre avec le dessin.
Ce jour là, en classe enfantine, il dessina, un geste qu’il n’avait jamais
accompli auparavant. Le sujet d’inspiration, était un âne. Tout le monde, Maîtresse
et élèves, était surpris par le résultat qu’on considéra de bonne
facture. Depuis, il fut marqué par ce moyen d’expression qui devint viscéral,
même obsessionnel. Il se rendit compte qu’il ne pouvait vivre sans cette
discipline qui exaltait son âme.
Patrick Alphonso DECORDE parcourut les techniques de la gouache et de
l’aquarelle, à sept et huit ans. Puis, continua ses pérégrinations
graphiques et picturales, en s’intéressant au fusain, à la sanguine, au
pastel, à la peinture à l’huile jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. C’est
d’ailleurs à partir de ses dix-neuf ans qu’il découvrit la musique, en
pratiquant successivement, la flûte à bec, la clarinette, la flûte traversière,
le saxophone ténor, le saxophone soprano et le saxophone baryton. Il pratique
surtout le jazz et a déjà participé à des concerts et à de nombreuses
prestations télédiffusées.
Artiste autodidacte, il sentit le besoin de se cultiver, d’acquérir des
connaissances. Cela se concrétisa par l’obtention d’une licence d’Arts
Plastiques. Cet apport intellectuel permit à l’artiste d’enrichir son œuvre
déjà de facture symbolique et surréaliste, par une réflexion thématique
plus conceptuelle.
Depuis plusieurs décennies, Patrick Alphonso DECORDE expose en Guadeloupe. Les
personnes extérieures qui voient ses œuvres pour la première fois disent de
lui, «qu’il a de l’avenir».